Quels vêtements contiennent des PFAS ?
Publié le 2 novembre 2026 · Par Y. Amazir
Vos vêtements de pluie et de ski sont ceux qui contiennent le plus souvent des PFAS, avec certains vêtements de sport et les tenues de protection des pompiers. Ces substances chimiques y servent à repousser l'eau, les taches ou la saleté. Tous vos vêtements ne sont donc pas concernés, loin de là ! Le plus difficile est de reconnaître ceux qui en contiennent, car l'étiquette cousue à l'intérieur ne signale presque jamais ces PFAS.
L'essentiel
- Les vêtements les plus souvent traités aux PFAS sont ceux qui repoussent l'eau, les taches ou la saleté, comme les vestes de pluie et les tenues de ski.
- L'étiquette de composition ne signale presque jamais ces PFAS : ce sont des mots comme « antitache » ou « déperlant » qui mettent sur la piste. Un tissu déperlant fait perler l'eau.
- Porter ces vêtements peut faire entrer des PFAS dans le corps, en quantités encore mal connues. Pour la plupart d'entre nous, l'alimentation reste la principale source de PFAS.
- Une veste encore en bon état peut continuer à être portée : c'est au prochain achat que vous pouvez choisir un vêtement sans PFAS.
Les PFAS d'un vêtement servent à repousser l'eau, les taches ou la saleté
Une veste de pluie ou une tenue de ski peut contenir des substances chimiques appelées PFAS. Pour imaginer un PFAS, pensez à une minuscule chaîne de carbone habillée de fluor. Cette molécule fabriquée par l'homme repousse l'eau et le gras. Seulement, elle ne se dégrade presque jamais dans la nature : c'est pourquoi on la surnomme « polluant éternel ». Pour un fabricant de vêtements, une telle molécule a longtemps semblé idéale dès qu'un tissu devait rester sec ou propre. On trouve donc surtout des PFAS sur les vêtements déperlants, ceux sur lesquels l'eau perle, comme les tenues de pluie et de ski.
Sur un tissu, les PFAS font perler l'eau et repoussent aussi le gras
- De minuscules cheveux de fluor : une fois posé sur le tissu, un traitement aux PFAS forme une structure très fine d'où partent de petites chaînes fluorées, dressées comme des cheveux. Sur ce duvet invisible, la goutte de pluie ne peut pas s'étaler : elle glisse sur la manche sans mouiller le tissu.
- Le fluor en cuisine : c'est aussi grâce à lui que les aliments n'accrochent pas sur le revêtement d'une poêle antiadhésive classique. Le fluor n'entre en revanche pas dans la composition d'une poêle en titane : c'est sur du titane pur que cuisent votre escalope de veau et vos pleurotes. Les chirurgiens réparent des os avec du titane, considéré comme le métal le plus biocompatible du monde, autrement dit celui que le corps humain supporte le mieux : une poêle en titane est donc 100 % saine. Au retour d'une promenade sous la pluie, vous sortez cette poêle et vos petits-enfants se mettent à table.
- L'huile, la grande différence : les traitements sans fluor repoussent souvent très bien l'eau, mais pas l'huile. Les traitements au fluor repoussent les deux, surtout quand leur chaîne est longue, d'où leur succès sur les vêtements antitaches et les tenues de protection.
Dans un vêtement, les PFAS se trouvent dans un traitement ou une membrane
- Le traitement déperlant : il se pose sur le tissu extérieur pour que l'eau y perle, d'où le mot « déperlant ».
- La membrane : c'est une feuille de plastique très fine, collée derrière le tissu extérieur. Sur certaines vestes imperméables, elle est faite de PTFE, un plastique fluoré qui fait lui aussi partie des PFAS. C'est ce même plastique que l'on connaît sous le nom de Téflon.
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Une passoire microscopique : les trous de cette membrane sont trop petits pour une goutte de pluie, mais assez grands pour la vapeur de votre transpiration. Vous restez au sec sans avoir l'impression de marcher dans un sac en plastique !
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Quels sont les vêtements les plus souvent traités aux PFAS ?
Les vêtements les plus souvent traités aux PFAS sont les vestes de pluie, les tenues de ski et les tenues de protection. Ouvrez votre penderie et cherchez ce qui est vendu pour vous garder au sec : voilà votre première piste ! Ces vêtements ne sont pourtant qu'une partie des produits qui contiennent des PFAS, puisque les tissus d'ameublement, les moquettes et le cuir en reçoivent aussi.
On estimait en 2020 qu'environ 20 % des vêtements de tous les jours étaient traités aux PFAS
- Les vêtements de tous les jours : en 2020, on estimait qu'environ 20 % des vêtements portés dedans comme dehors contenaient des PFAS, contre 10 % des vêtements de sport et des chaussures.
- Les équipements de protection : cette estimation atteignait 100 % pour les tenues de protection industrielles.
- Des repères à manier avec prudence : ces estimations datent de 2020, soit avant la loi française de 2026, qui interdit de fabriquer la plupart des vêtements contenant des PFAS. La part exacte des textiles concernés reste encore mal connue.
Dans une penderie, les vestes de pluie et de ski sont les premières concernées
- La pluie et la neige : les vêtements de pluie font partie des textiles traités aux PFAS. Les tenues de pluie et de ski sont les premières à surveiller, parce qu'on les porte souvent et longtemps.
- Ce que montrent les analyses : sur 20 vêtements d'extérieur achetés fin 2020 aux États-Unis, tous vendus comme résistants à l'eau ou aux taches, 15 contenaient des PFAS.
- Ce que trouvent les contrôles : en Belgique, l'inspection de l'environnement a contrôlé 51 articles textiles en 2024 et 2025, dont des vêtements de pluie : 9 dépassaient les limites légales.
- Les rappels en France : depuis la fin de 2025, le site officiel Rappel Conso, qui recense les produits retirés de la vente, a signalé des cirés pour enfants, des coupe-vent et même une combinaison matelassée pour bébé, à cause de PFAS au-dessus des seuils autorisés.
Les tenues de sport, de randonnée et les chaussures peuvent aussi contenir des PFAS
- Le sport et la randonnée : les vêtements de sport peuvent en contenir, tout comme les vêtements de plein air qui laissent passer la transpiration et qui repoussent l'eau, la saleté et le gras.
- Les chaussures : des membranes en plastique fluoré se trouvent aussi dans des chaussures, y compris pour les enfants. Le cuir peut lui aussi recevoir un traitement contre l'eau et les taches.
Les vêtements d'enfants, comme les uniformes antitaches, peuvent aussi contenir des PFAS
- Les uniformes scolaires : en 2022, 72 articles pour enfants ont été contrôlés. Ils étaient vendus aux États-Unis et au Canada, par exemple comme imperméables ou antitaches. Les 57 articles analysés en détail contenaient tous des PFAS, avec des quantités élevées dans les uniformes scolaires.
- Les vêtements d'hiver : en 2015, on estimait que 10 à 30 % des combinaisons de neige, des moufles et des vêtements de ski pour enfants vendus au Danemark étaient sans doute traités aux PFAS.
Les tenues de protection restent les vêtements les plus souvent traités
- Qui les porte : ce sont par exemple les pompiers, les ouvriers de la chimie, les forces de l'ordre et les militaires. Leurs tenues doivent repousser l'eau, l'huile et les taches, mais aussi résister aux flammes.
- Une protection difficile à remplacer : en 2020, aucune des solutions de remplacement examinées n'atteignait le niveau de protection nécessaire aux pompiers ou aux militaires.
Le saviez-vous
Même un tablier de cuisine peut contenir des PFAS ! Si les éclaboussures de sauce tomate forment des gouttes sur le vôtre, son tissu a sans doute reçu un traitement, avec ou sans fluor.
Comment savoir si un vêtement contient des PFAS ?
Pour savoir si un vêtement contient des PFAS, lisez ce que le vendeur annonce dans la description du produit, car un tissu traité ressemble à un tissu ordinaire. Seule une analyse en laboratoire donne une réponse certaine. Quelques indices vous aident tout de même à mener l'enquête !
Depuis le 1er janvier 2026, la France interdit de fabriquer la plupart des vêtements qui contiennent des PFAS et de les mettre sur le marché. La mise sur le marché, c'est la première fois qu'un vêtement est fourni à un magasin ou à un client. Connaître les PFAS interdits ne suffit donc pas : le ministère de la Transition écologique précise qu'un vêtement déjà dans le commerce avant 2026 peut encore être vendu, neuf ou d'occasion, tant qu'il respecte les limites européennes.
L'étiquette cousue dans un vêtement ne signale presque jamais les PFAS
- Ce que l'étiquette doit indiquer : en Europe, un règlement de 2011 impose d'y écrire la composition en fibres d'un vêtement, comme « 100 % coton ». Un traitement posé sur le tissu n'a donc pas à y figurer.
- Où chercher l'information : dans la description du produit, lisez les lignes qui parlent de la pluie, des taches ou de la membrane imperméable.
Les mots imperméable, déperlant ou antitache peuvent signaler la présence de PFAS
- Ce que valent ces mots : en 2015, au Danemark, dix articles pour enfants ont été analysés. Leur description disait seulement qu'ils résistaient aux taches et à l'eau. Huit contenaient du fluor : pour un vêtement d'extérieur, cette promesse peut donc être un bon indice.
- Les mots techniques : PTFE et ePTFE désignent le plastique fluoré des membranes. Le sigle anglais DWR désigne un traitement déperlant, avec ou sans fluor.
- Un mot ne prouve rien à lui seul : les traitements sans fluor se répandent, si bien qu'une veste déperlante peut ne contenir aucun PFAS.
« Sans PFAS », « sans PFC » et « sans PFOA » ne veulent pas dire la même chose
- « Sans PFAS » : c'est la mention la plus large, puisqu'elle vise toute la famille des PFAS. Le ministère belge de la Santé conseille de la rechercher.
- « Sans PFC » : ce sigle vient d'un ancien nom des PFAS, les « composés perfluorés ». Cette mention est elle aussi à rechercher. Lisez tout de même la phrase jusqu'au bout : « traitement sans PFC » ne dit rien de la membrane imperméable.
- « Sans PFOA » ou « sans PFOS » : ces mentions ne visent que deux PFAS, déjà interdits dans l'Union européenne. Un vêtement qui les affiche peut contenir d'autres PFAS, puisqu'il en existe plus de 10 000.
- Un traitement « C6 » : sa chaîne fluorée est plus courte que celle de l'ancien « C8 ». Il s'agit pourtant toujours d'un PFAS.
Un label ou une question au vendeur renseignent sur les PFAS d'un vêtement
- L'Écolabel européen : ce label officiel de l'Union européenne est un bon repère, puisque ses critères interdisent les traitements au fluor. Attention cependant : ces critères admettent les membranes en plastique fluoré sur les vêtements d'extérieur.
- OEKO-TEX : ce label privé interdit les PFAS dans les textiles, le cuir et les chaussures depuis 2023. En France, l'Agence de la transition écologique conseille de s'y fier.
- La question au vendeur : REACH, la loi européenne sur les produits chimiques, vous donne le droit de demander si un article contient une substance jugée extrêmement préoccupante. Le vendeur doit répondre gratuitement sous 45 jours. Cette règle ne vise pourtant que quelques PFAS, et seulement au-delà de 0,1 % du poids de l'article.
Les PFAS d'un vêtement passent-ils dans le corps quand on le porte ?
Oui, une partie des PFAS d'un vêtement peut passer dans le corps. Personne ne sait pourtant encore dire exactement combien. Les rares calculs publiés donnent des résultats très différents selon le vêtement. L'institut néerlandais de santé publique range d'ailleurs les vêtements déperlants parmi les produits qui semblent apporter le plus de PFAS en dehors de l'alimentation et de l'eau. Il poursuit ses recherches pour comparer ces quantités à celles de l'assiette et du verre d'eau. Une quantité ne suffit pas à connaître le risque de maladie : pour juger des effets des PFAS sur le corps humain, les chercheurs regardent tout ce qu'une personne reçoit pendant des années.
La peau laisse passer une partie des PFAS, surtout quand leur molécule est petite
- Sur de la peau humaine en laboratoire : en 2025, quelques PFAS à chaîne courte ont traversé la peau en 24 heures, à hauteur de 1 à 5 % de la quantité déposée. Une chaîne courte, c'est une petite molécule. Aucun PFAS à chaîne longue n'y est parvenu dans ce délai.
- Chez un volontaire : en 2022, un PFAS mélangé à une crème solaire a été appliqué sur tout le corps d'un homme. Environ 1,6 % de la dose est passée dans son organisme : la peau n'est donc pas une barrière parfaite. Dans ce genre d'essai, le PFAS est pourtant déposé directement sur la peau, ce qui ne reproduit pas un vêtement porté au quotidien.
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Une veste se porte par-dessus le reste : sur un vêtement de pluie, le traitement se trouve à l'extérieur. Le contact avec ces PFAS se limite donc le plus souvent aux mains qui touchent le tissu. Une peau en sueur absorbe toutefois probablement davantage de PFAS.
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Les calculs sur le port d'un vêtement donnent des résultats très différents
- Les vêtements d'hiver des enfants : en 2015, le pire scénario calculé par l'agence danoise de protection de l'environnement donnait de 0,03 à 0,09 nanogramme par kilo de poids corporel et par jour. Un nanogramme, c'est un milliardième de gramme. Ce résultat est environ 100 fois plus faible que ce qu'apporte l'alimentation : cette agence juge la quantité négligeable. Les PFAS des tissus les plus chargés de cette enquête avaient encore surtout une chaîne longue, celle qui traverse le moins la peau.
- Un uniforme scolaire porté à même la peau : pour des uniformes vendus aux États-Unis et au Canada, le calcul publié en 2022 donne moins de 1,03 nanogramme par kilo et par jour pour la moitié d'entre eux. Il monte pourtant jusqu'à 222 pour les plus chargés. Ce calcul reste incertain : il peut être trop haut comme trop bas. Ces uniformes sont peut-être une source importante de PFAS pour les enfants.
- Une question encore ouverte : chez 2 993 adultes coréens, le port fréquent de vêtements de plein air est associé à des taux plus élevés de certains PFAS dans le sang. Ce résultat publié en 2026 n'établit pas de lien de cause.
- L'alimentation : elle reste la principale source de PFAS pour la plupart d'entre nous. La poussière et l'air intérieur peuvent aussi beaucoup compter chez certaines personnes. Avant de vous séparer d'une veste, mieux vaut donc regarder ce que vous mettez dans votre assiette.
Les jeunes enfants qui mâchouillent leurs manches méritent une attention particulière
- Pourquoi les jeunes enfants sont un cas à part : un jeune enfant suce ou mordille parfois ses vêtements, ce qui peut lui faire avaler des PFAS. Ce cas mérite donc d'être mieux étudié.
- Un test avec de la salive artificielle : en 2015, des tissus ont été placés dans ce liquide pendant trois heures. Environ 1 % de leurs PFAS y est passé, contre environ 6 % pour certains PFAS de type acide, qui se dissolvent mieux dans l'eau. Le pire scénario donne de 0,03 à 0,08 nanogramme par kilo et par jour : l'agence danoise de protection de l'environnement juge cette quantité minime. Une vraie salive ferait pourtant sans doute sortir davantage de PFAS.
- L'air intérieur : certains PFAS s'évaporent quand ces vêtements sèchent à l'intérieur. Dans une école pleine de vêtements d'hiver mouillés, le calcul le plus réaliste donne au plus 0,49 nanogramme par kilo et par jour pour un enfant de 4 ans. L'agence danoise n'y voit pas de risque pour la santé. Elle juge pourtant ce calcul très incertain et recommande de mesurer l'air de ces pièces.
Que faire des vêtements qui contiennent peut-être des PFAS ?
Gardez ces vêtements tant qu'ils sont en bon état, puis essayez d'en acheter sans PFAS. Vous n'avez donc pas à vider votre penderie ! Ces PFAS restent le plus souvent fixés au tissu et s'en échappent lentement, surtout à l'usure. Une partie peut tout de même s'en détacher pendant l'usage. Vous pouvez en revanche agir sur vos prochains achats : acheter des produits sans PFAS contribue à moins disperser ces substances dans la nature.
Une veste encore en bon état peut continuer à être portée
- Tant que la veste n'est pas usée : gardez-la, car c'est aussi mieux pour l'environnement que de la remplacer trop tôt.
- Quand la veste est usée : jetez-la en suivant les consignes de tri.
- Le risque pour la santé : l'institut néerlandais de santé publique juge ce risque faible quand on utilise normalement un produit qui contient des PFAS. Cet institut étudie encore la part exacte des vêtements dans les PFAS que nous recevons.
Les sprays imperméabilisants demandent plus de prudence que les vêtements
- Le risque : dans un spray, les PFAS ne sont fixés à aucun tissu et partent donc facilement dans l'air de la pièce. On peut en respirer en traitant des chaussures ou des vêtements, surtout dans une pièce fermée. Des personnes ont déjà été intoxiquées en utilisant ces sprays.
- Ce qu'il faut faire : cherchez la mention « sans PFAS » ou « sans PFC » (pour « composés perfluorés ») sur le produit, surtout sur un flacon acheté avant 2026. Mieux vaut ne plus utiliser un spray qui en contient quand il existe une solution sans PFAS. Aérez la pièce et suivez les consignes de sécurité du fabricant.
Le lavage retire une partie des PFAS sans les faire disparaître
- Ce que montrent les analyses : le lavage peut faire baisser certains PFAS. Il peut en revanche augmenter la quantité d'autres PFAS que l'on extrait du tissu en laboratoire. En 2021, sur des vêtements lavés jusqu'à dix fois, le traitement restait détectable sur 95,5 % des fibres. Ce chiffre ne dit pas quelle quantité de PFAS restait sur chacune.
- Ce qui part dans l'eau : le lavage détache de petites fibres qui portent le traitement. Une grande partie de ces fibres finit dans les eaux usées ou dans les boues des stations d'épuration.
- Laver un vêtement neuf : l'Anses, l'agence française de sécurité sanitaire, recommande de laver avant la première utilisation tout vêtement qui touche la peau. Ce conseil de 2018 vise les allergies et les irritations, et non les PFAS.
Une veste imperméable peut aujourd'hui se passer de PFAS pour repousser la pluie
- Les solutions sans fluor : ces traitements sont par exemple à base de silicones ou de cires. Ils suffisent le plus souvent sur une veste de plein air, parce que cette veste doit surtout repousser l'eau. Certaines membranes récentes utilisent un autre plastique, comme le polyéthylène expansé.
- La contrepartie : l'effet déperlant peut durer un peu moins longtemps. Remplacer un PFAS par une substance mal connue présente aussi un risque.
- La première question à se poser : avez-vous vraiment besoin d'un textile imperméable ? Si ce n'est pas le cas, évitez d'en acheter. Pour un pantalon de bureau, la question mérite d'être posée !
Vos questions sur les vêtements et les PFAS
Le coton et la laine contiennent-ils des PFAS ?
Le coton et la laine ne contiennent pas de PFAS par nature, puisque tous les PFAS sont fabriqués par l'homme. Un vêtement en coton peut en revanche recevoir un traitement antitache ou déperlant. En 2022, des uniformes scolaires en 100 % coton contenaient bien plus de PFAS que ceux en mélange de coton et de polyester. Ce résultat reste à confirmer par d'autres études.
Les vêtements pour bébés contiennent-ils des PFAS ?
Oui, des vêtements pour bébés peuvent contenir des PFAS. En 2020, 86 vêtements pour bébés analysés en contenaient de 1,22 à 203 nanogrammes par gramme de tissu. Un nanogramme, c'est un milliardième de gramme. La moitié de ces vêtements en contenait moins de 3,62 nanogrammes. Pour les vêtements en nylon, le lavage faisait baisser de plus de moitié la quantité estimée qui passe par la peau.
Une goutte d'eau qui perle prouve-t-elle qu'un vêtement contient des PFAS ?
Non, une goutte d'eau qui perle ne prouve pas la présence de PFAS : les traitements sans fluor font perler l'eau eux aussi. Une goutte posée sur le tissu ne dit d'ailleurs rien de la membrane cachée derrière lui. Un produit qui repousse à la fois l'eau, la saleté et le gras a seulement plus de chances de contenir des PFAS. Seule une analyse en laboratoire peut le prouver.
Le mot de la fin
Rien ne vous oblige donc à sortir votre veste de pluie de la penderie : elle peut continuer à vous garder au sec tant qu'elle n'est pas usée. En revanche, vous savez désormais lire ce que le vendeur annonce sur un vêtement. La prochaine fois que vous choisirez un manteau pour un enfant qui saute à pieds joints dans les flaques, vous pourrez demander au vendeur si le traitement contre la pluie et la membrane imperméable de ce manteau sont sans PFAS. Sans panique, un achat après l'autre, vous saurez enfin ce que vous posez sur les épaules de cet enfant.
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