Où sont les PFAS en France ?
Publié le 2 novembre 2026 · Par Y. Amazir
De votre robinet à votre assiette, les PFAS se retrouvent dans toute la France : ces substances chimiques surnommées « polluants éternels » y sont présentes à l'état de traces, dans l'eau, l'air, les sols et les aliments. Les fortes pollutions se concentrent en revanche dans quelques secteurs, surtout près de certaines usines et des lieux où l'on a utilisé des mousses anti-incendie. Et pour savoir si l'eau de votre commune est touchée, quelques clics suffisent !
L'essentiel
- Des traces de PFAS se retrouvent dans toute la France : dans l'eau, l'air, les sols et les aliments.
- Les fortes pollutions se trouvent surtout près de certaines usines et de lieux où l'on a utilisé des mousses anti-incendie.
- En 2026, les habitants de quelques villages des Ardennes et de la Meuse ne doivent toujours pas boire l'eau du robinet, qui dépasse largement la limite légale.
- Sur le site « Qualité de l'eau potable » du ministère de la Santé, chacun peut lire les analyses de l'eau de sa commune.
Les PFAS sont présents partout en France, mais à des niveaux très différents
L'eau du robinet, l'air et les aliments peuvent contenir des PFAS. Ce sigle désigne une immense famille de substances chimiques fabriquées par l'industrie, que l'on surnomme « polluants éternels » parce qu'elles ne disparaissent presque jamais dans la nature. Les PFAS rejetés aujourd'hui s'ajoutent donc à ceux d'hier, si bien qu'on en retrouve partout en France. Les quantités mesurées varient pourtant énormément d'un endroit à l'autre. En septembre 2026, l'eau du robinet d'un village de la Meuse contenait ainsi plus de 400 fois plus de PFAS que celle de Reims.
On retrouve des PFAS dans nos maisons, dans l'eau et dans notre corps
- À la maison : les PFAS sont utilisés dans de nombreux objets du quotidien, comme des vêtements, des cosmétiques ou des ustensiles de cuisine. Dans la cuisine, c'est le cas de la plupart des poêles antiadhésives classiques, dont le revêtement est fait d'un plastique de la famille des PFAS appelé PTFE. Si vous préférez cuisiner sans PFAS, vous pouvez faire dorer vos côtelettes d'agneau et vos aubergines dans une poêle en titane, où elles cuisent directement sur le titane. Le titane est considéré comme le métal le plus biocompatible du monde : notre corps l'accepte mieux que n'importe quel autre. Les chirurgiens en posent à l'intérieur même du corps humain pour les prothèses de hanche : une poêle en titane est donc 100 % saine, du plus jeune de vos petits-enfants au plus âgé de vos invités !
- Dans l'eau : le TFA est une toute petite molécule de la famille des PFAS. Il se forme notamment quand certains pesticides et certains gaz des réfrigérateurs se décomposent. L'agence nationale de sécurité sanitaire, qui évalue pour l'État les risques qui pèsent sur notre santé, a mené une grande campagne de mesure de 2023 à 2025 : elle a retrouvé du TFA dans 92 % des échantillons d'eau. Ce résultat ne représente pas toute la France, puisque les deux tiers des prélèvements visaient des secteurs où une pollution était soupçonnée. Le TFA ne fait pas partie des 20 PFAS que la réglementation limite dans l'eau du robinet : il n'entrera dans le contrôle de cette eau que le 1er janvier 2027.
- Dans notre corps : dans l'ensemble, les Français reçoivent des PFAS, où qu'ils habitent. Pour la plupart des gens, l'eau du robinet n'apporte qu'environ 10 à 20 % des PFAS qu'ils reçoivent. En revanche, ce chiffre ne vaut pas pour les nourrissons jusqu'à 2 ans, les femmes enceintes ou qui allaitent et les personnes dont les défenses contre les maladies sont affaiblies. Ces personnes sensibles reçoivent beaucoup plus de PFAS.
Une trace de PFAS ne veut pas dire que l'eau dépasse la limite
- La limite légale : dans l'eau du robinet, la somme de 20 PFAS ne doit pas dépasser 0,1 microgramme par litre. Depuis le 1er janvier 2026, ces 20 PFAS doivent être recherchés partout en France lors du contrôle de cette eau.
- À quoi ressemble 0,1 microgramme : un microgramme est un millionième de gramme. Faisons le calcul : 0,1 microgramme par litre, c'est un morceau de sucre de cinq grammes dissous dans cinquante millions de litres d'eau, soit à peu près vingt piscines olympiques !
- Une limite de prudence : cette limite n'est pas le seuil à partir duquel l'eau deviendrait dangereuse. Les PFAS n'ont rien de naturel dans l'eau, si bien que leur quantité doit rester aussi basse que possible.
Les plus fortes pollutions aux PFAS se trouvent autour de quelques types de sites
D'où viennent les fortes pollutions aux PFAS ? Il existe plusieurs sources de pollution : les usines, les mousses anti-incendie, les eaux usées, certains pesticides et les stations de ski, à cause du fart, cette cire que l'on étale sous les skis. Il y a aussi les boues que l'on répand sur certains champs pour enrichir la terre.
Les usines qui fabriquent ou utilisent des PFAS en rejettent dans l'eau
- Au sud de Lyon : la plateforme industrielle de Pierre-Bénite réunit deux usines qui fabriquent des plastiques faits avec du fluor. Les deux PFAS qu'elles utilisaient encore ont été remplacés fin 2024 et fin 2025 par des substances qui n'en sont pas. L'usine qui rejetait le plus de PFAS dans l'eau est ainsi passée de 13 à environ 2 kilos par mois entre 2024 et 2025.
- Dans le Gard : à Salindres, une plateforme chimique a fabriqué un PFAS appelé TFA de 1982 à septembre 2024. En Occitanie, l'eau du robinet est contrôlée par un organisme public, l'agence régionale de santé (ARS). Début 2025, cette agence a analysé l'eau de 32 captages, ces puits et ces sources où l'on pompe l'eau du robinet. Ils se trouvaient en aval du site, c'est-à-dire plus bas sur le trajet de l'eau. Treize d'entre eux approchaient ou dépassaient 10 microgrammes de TFA par litre : pour cette molécule, c'est le niveau sous lequel le ministère de la Santé demande de redescendre. Aucun n'atteignait pourtant 60 microgrammes, la valeur que le ministère retient pour protéger la santé en attendant des valeurs définitives.
Les mousses anti-incendie utilisées autrefois ont laissé des PFAS dans l'eau
- Près de Bâle : en avril 2025, la préfecture du Haut-Rhin et l'agence régionale de santé du Grand Est ont lié la pollution de l'eau de l'agglomération de Saint-Louis à des mousses anti-incendie utilisées autrefois sur l'aéroport voisin. La réglementation imposait alors ces mousses. L'aéroport a cessé de s'en servir en janvier 2017, dès que des mousses sans PFAS ont été autorisées. En septembre 2025, des investigations se poursuivaient pour connaître précisément l'origine de la pollution.
- Au port de Lyon : de septembre 2024 à avril 2025, des analyses ont révélé beaucoup de PFAS par endroits dans la nappe d'eau souterraine du port Édouard-Herriot, c'est-à-dire dans l'eau qui circule sous ce port. Une partie de ces PFAS pourrait venir des mousses utilisées lors d'exercices des pompiers ou lors de l'incendie d'un dépôt de carburant en 1987. Début 2026, l'origine des autres PFAS restait inconnue.
Dans les Ardennes et la Meuse, des boues de papeterie pourraient expliquer la pollution
- Ce que l'on a trouvé : fin 2024, des analyses ont révélé des PFAS dans l'eau du robinet de Villy, un village des Ardennes. En 2025, d'autres villages touchés ont été découverts autour de Sedan et de Vouziers, ainsi que dans le nord de la Meuse.
- La piste suivie : cette pollution pourrait venir de boues de papeterie répandues sur des champs proches des captages d'eau potable. Ces boues sont les résidus des usines qui fabriquent du papier. En mai 2026, des investigations complémentaires étaient toujours en cours pour mieux comprendre l'origine de la pollution.
Quelles sont les régions où l'eau est contaminée en France ?
Si l'on appelle « contaminée » une eau qui dépasse la limite légale, aucune région de France n'a une eau du robinet contaminée partout. Dans chaque région, ce sont les agences régionales de santé (ARS) qui contrôlent la qualité de l'eau du robinet. Ce contrôle se fait réseau par réseau : un réseau d'eau, c'est l'ensemble des canalisations qui apportent la même eau à une ou plusieurs communes. Le premier bilan national, publié par le ministère de la Santé en décembre 2025, compte 36 réseaux d'eau qui ont dépassé la limite au moins une fois en 2024, pour 506 708 habitants. Ce bilan reste partiel, puisqu'il ne couvre que 11,6 % de la population et que les zones les plus à risque ont été analysées en priorité. Les bilans régionaux présentés ci-dessous montrent une eau presque toujours conforme à la limite, avec des dépassements concentrés dans quelques secteurs. Votre région en compte peut-être un, sans que l'eau de votre commune soit concernée pour autant.
Dans le Grand Est, quatorze réseaux d'eau dépassaient la limite fin 2025
- Un contrôle presque complet : fin 2025, l'ARS du Grand Est avait recherché les PFAS dans 99,2 % des réseaux de la région. Quatorze d'entre eux dépassaient la limite de façon persistante : ils alimentaient 3 935 habitants des Ardennes, de la Meuse et des Vosges.
- Un secteur rétabli : près de Bâle, l'eau du robinet de onze communes de l'agglomération de Saint-Louis a été interdite pour la boisson aux personnes sensibles à partir du 5 mai 2025. Il s'agit des nourrissons jusqu'à 2 ans, des femmes enceintes ou qui allaitent et des personnes dont les défenses contre les maladies sont affaiblies. L'agglomération a ensuite installé des filtres au charbon actif, un charbon percé de minuscules trous qui retient les PFAS. L'eau est redevenue conforme en décembre 2025.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la plupart des dépassements ont déjà été corrigés
- Deux situations confirmées : au 15 juin 2026, la région ne comptait plus que deux réseaux hors limite de façon confirmée, contre dix-sept situations déjà résolues. Dans le hameau ardéchois de Trapayac, l'eau de quelque 14 habitants ne pouvait plus servir à tous les usages depuis le 14 novembre 2025. À Thil dans l'Ain, la limite n'était que légèrement dépassée, si bien que l'ARS jugeait une restriction inutile à ce stade.
- À Rumilly : en août 2022, l'ARS a mesuré plus de 0,1 microgramme de PFOA par litre dans deux captages d'eau potable de cette ville de Haute-Savoie. Le PFOA est l'un des PFAS les plus étudiés. Ces captages ont été débranchés du réseau le 14 novembre 2022. Depuis décembre 2023, l'un d'eux sert de nouveau grâce à un traitement au charbon actif. L'eau distribuée respecte les exigences sanitaires.
En Bourgogne-Franche-Comté et en Occitanie, des puits et des sources restent surveillés
- En Haute-Saône : en 2021, des analyses ont mis en évidence des PFAS dans les puits de deux syndicats d'eau, ces groupements de communes qui gèrent ensemble leur eau potable. Des études sont en cours pour identifier les sources de cette pollution. Fin 2025, ce secteur était le seul de la région où un dépassement de la limite était confirmé. En mai 2026, aucune restriction de consommation n'avait été prononcée sur ce secteur.
- Dans le Gard : début 2025, l'eau des captages situés en aval de Salindres respectait partout la limite des 20 PFAS. La surveillance y porte donc surtout sur un autre PFAS, le TFA.
Dans deux autres régions, les bilans de 2024 montrent une eau presque toujours conforme
- En Île-de-France : en 2024, 561 des 565 réseaux analysés ont distribué une eau en permanence conforme à la limite. Ces réseaux alimentaient 99,61 % des habitants de la région.
- Dans les Hauts-de-France : la même année, 99 % des habitants dont l'eau avait été analysée ont reçu en permanence une eau conforme. Ce premier bilan restait partiel, puisqu'il ne couvrait que 44 % de la population.
Quelles communes sont contaminées aux PFAS ?
Pour une agence régionale de santé, l'eau d'une commune n'est plus conforme quand elle dépasse la limite légale de façon confirmée. Dans une poignée de villages des Ardennes et de la Meuse, l'eau du robinet ne doit d'ailleurs plus servir à boire depuis juillet 2025, puisqu'elle dépasse largement cette limite.
Une commune peut aussi avoir des sols ou une rivière pollués sans que l'eau du robinet dépasse la limite. Au sud de Lyon, l'État déconseillait encore en juillet 2026 les œufs et les volailles des poulaillers de particuliers dans 17 communes ou arrondissements de Lyon, ainsi que les poissons du Rhône pêchés en aval de Pierre-Bénite, c'est-à-dire plus bas sur le fleuve. Pour repérer les aliments qui contiennent le plus de PFAS, il faut donc aussi regarder d'où ils viennent.
Dans quelques villages, l'eau du robinet ne doit plus servir à boire
- Dans la Meuse : depuis le 5 juillet 2025, le préfet interdit de boire l'eau du robinet à Juvigny-sur-Loison, Louppy-sur-Loison, Han-lès-Juvigny et Remoiville. Le 10 septembre 2026, cette interdiction figurait toujours sur les analyses de ces quatre villages. Ce jour-là, la somme des 20 PFAS atteignait 3,5 microgrammes par litre à Louppy-sur-Loison, soit 35 fois la limite. Un raccordement à un réseau voisin est envisagé en 2027.
- Dans les Ardennes : à partir du 10 juillet 2025, la même interdiction a visé douze communes autour de Sedan et de Vouziers. Celles du secteur de Vouziers ont retrouvé une eau conforme en avril 2026, grâce à une station de traitement. Autour de Sedan, en revanche, l'interdiction figurait toujours sur les analyses de Villy et de Malandry le 6 octobre 2026.
- Ce que l'interdiction veut dire : l'eau du robinet ne doit plus servir ni à boire ni à préparer les biberons, deux usages pour lesquels les communes distribuent de l'eau en bouteille. Cuire les aliments ou se laver reste permis.
- Pas de risque immédiat : l'agence régionale de santé du Grand Est juge que boire exceptionnellement cette eau ne présente pas de risque immédiat. Les effets des PFAS sur le corps humain sont en effet liés à ce que l'on reçoit de façon répétée, pendant des années.
- La prise de sang : cette même agence ne recommande pas aux habitants des communes touchées de mesurer leur taux de PFAS par une prise de sang. Le résultat ne dit ni d'où viennent ces substances ni à quel moment on les a reçues.
Une non-conformité se confirme par plusieurs analyses avant toute décision
- Le premier signal : quand une analyse dépasse 0,1 microgramme par litre, l'agence régionale de santé fait réaliser un deuxième prélèvement, appelé recontrôle.
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La confirmation : si les deux résultats dépassent nettement la limite, la non-conformité est confirmée. Sinon, l'agence multiplie les analyses pendant plusieurs mois et retient la médiane, la valeur qui partage les résultats en deux moitiés.
En savoir plus
- La décision : l'agence peut ensuite proposer au préfet d'interdire l'eau pour la boisson à toute la population, ou aux seules personnes sensibles, comme les nourrissons et les femmes enceintes.
Les restrictions sont levées une fois que l'eau redevient conforme à la limite
- Les solutions des communes : pour retrouver une eau conforme, une commune peut traiter son eau, la mélanger avec une eau qui contient moins de PFAS ou se raccorder à un réseau voisin. Pour enlever les PFAS dans l'eau à la maison, une carafe filtrante ne suffit pas forcément : l'agence régionale de santé du Grand Est juge son efficacité contre ces substances encore à démontrer.
- La levée de l'interdiction : une fois que les analyses confirment le retour sous la limite, le préfet lève l'interdiction. En avril 2026, la préfecture des Vosges l'a ainsi levée à Tendon et aux Arrentès-de-Corcieux, une fois des stations de traitement installées.
Les résultats d'analyse de l'eau de votre commune se consultent en quelques clics
Envie de savoir ce que contient l'eau qui coule de votre robinet ? Bonne nouvelle : en France, les résultats du contrôle de l'eau sont publics, commune par commune. Pour lire la dernière analyse de votre réseau sans vous tromper, il suffit de savoir où chercher et quelle ligne regarder !
Le site du ministère de la Santé affiche les analyses de chaque commune
- Où chercher : le ministère de la Santé publie les résultats du contrôle de l'eau sur son site « Qualité de l'eau potable ». Vous y choisissez votre région, votre département et votre commune, puis votre réseau d'eau.
- Ce que vous y lisez : chaque prélèvement apparaît avec sa date, son lieu et le détail des analyses. La ligne à regarder s'intitule « Somme de 20 substances perfluoroalkylées (PFAS) » : sa valeur se compare à la limite de 0,1 microgramme par litre.
- Un piège à éviter : les PFAS ne sont pas recherchés à chaque prélèvement. Si leur ligne n'apparaît pas dans la dernière analyse, consultez les prélèvements précédents.
- Le lieu du prélèvement : l'eau est parfois prélevée dans une commune voisine qui reçoit la même eau. Le résultat vaut alors pour toutes les communes de ce réseau.
La carte nationale des PFAS rassemble plus de trois millions d'analyses d'eau
- Qui la publie : depuis fin juillet 2025, le ministère de la Transition écologique met en ligne une carte des mesures de PFAS dans l'eau.
- Ce qu'elle contient : en octobre 2026, elle réunissait plus de 3,4 millions d'analyses faites depuis 2016 dans les rivières, les nappes, les rejets des usines et l'eau du robinet. Elle est mise à jour chaque mois.
- Pas un outil de santé : cette carte ne sert pas à évaluer un risque pour la santé. Une forte valeur dans une rivière voisine ne veut donc pas dire que l'eau de votre robinet dépasse la limite.
- Les eaux en bouteille : cette carte ne dit pas si l'eau en bouteille contient des PFAS, puisqu'elle ne porte que sur l'eau des rivières, des nappes, des rejets industriels et des réseaux publics.
Les analyses sont aussi affichées en mairie et résumées sur une facture d'eau
- À la mairie : le maire affiche les bulletins d'analyse dans les deux jours qui suivent leur réception. Vous pouvez aussi vous y renseigner, comme auprès de votre agence régionale de santé.
- Sur la facture : une fois par an, l'une des factures d'eau est accompagnée d'un résumé de l'agence régionale de santé sur la qualité de l'eau distribuée.
Une carte des PFAS se lit toujours avec sa date et sa méthode
- Une carte faite par des associations : le 16 octobre 2025, deux associations ont mis en ligne une carte des derniers résultats officiels du contrôle de l'eau pour chaque adresse. Ses données étaient mises à jour chaque mois. À sa mise en ligne, 1,2 % des plus de 11 000 réseaux analysés pour les PFAS dépassaient une limite légale ou une valeur recommandée par les autorités de santé.
- Sa limite : cette carte reprenait la somme des 20 PFAS du contrôle officiel, qui ne compte pas un autre PFAS, le TFA.
- Les bons réflexes : devant une carte, regardez toujours la date de la mesure, l'eau qui a été analysée et le repère utilisé. Certains sites affichent des seuils d'« alerte » qui ne correspondent à aucune règle officielle : la seule limite légale reste 0,1 microgramme par litre pour la somme de 20 PFAS.
Vos questions sur les PFAS en France
Pourquoi ma commune n'a-t-elle encore aucun résultat pour les PFAS ?
La recherche des PFAS dans l'eau du robinet n'est obligatoire partout que depuis le 1er janvier 2026. Avant cette date, beaucoup d'agences régionales de santé ont d'abord ciblé les secteurs où une pollution était soupçonnée. En Auvergne-Rhône-Alpes, en février 2026, 62 % des réseaux avaient été analysés au moins une fois. Ces réseaux desservaient pourtant 96 % des habitants : ceux qui restaient étaient donc surtout de petits réseaux.
Les puits privés sont-ils contrôlés pour les PFAS ?
Non, l'eau des puits, des sources et des forages privés ne fait pas partie du contrôle sanitaire des agences régionales de santé. Celle du Grand Est recommande à leur propriétaire de faire analyser cette eau avant de la boire, notamment pour vérifier l'absence de PFAS.
Existe-t-il une carte des PFAS dans l'air et dans les sols ?
Pas à l'échelle de la France : en octobre 2026, la carte nationale des PFAS ne porte que sur l'eau. Des mesures dans l'air et les sols pourraient y être ajoutées plus tard. Depuis une décision de l'État du 31 octobre 2024, les usines qui brûlent les déchets doivent déjà rechercher les PFAS dans leurs fumées, avec des prélèvements étalés d'octobre 2025 à avril 2028.
Le mot de la fin
Les PFAS se retrouvent donc partout en France, à l'état de traces. Les fortes pollutions se limitent en revanche à quelques secteurs que les autorités suivent de près. À la maison, vous pouvez préparer vos repas dans une poêle en titane : elle est 100 % saine. Quant à l'eau, prendre deux minutes pour lire l'analyse de votre réseau, c'est déjà savoir ce que boivent vos proches chaque jour. Après cette toute petite vérification, vous remplissez votre carafe en sachant ce qu'elle contient !
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