Qu'est-ce qu'un PFAS ?
Publié le 2 novembre 2026 · Par Y. Amazir
Un PFAS, c'est tout simplement une substance chimique fabriquée par l'homme à partir de carbone et de fluor, capable de repousser à la fois l'eau et le gras. Difficile de rêver mieux pour une veste de pluie ou une poêle antiadhésive : l'industrie en a donc mis partout depuis les années 1950 ! Mais le fluor que contient cette substance la rend presque indestructible, d'où son surnom de « polluant éternel ».
L'essentiel
- Un PFAS est une substance chimique fabriquée par l'homme à partir de carbone et de fluor.
- Le fluor rend un PFAS presque indestructible : c'est pour cela qu'on le surnomme « polluant éternel ».
- Une fois rejetés dans la nature, les PFAS se retrouvent dans l'eau, les sols, les aliments et jusque dans notre sang.
- Pour la plupart d'entre nous, les PFAS entrent dans le corps par l'alimentation et l'eau.
Un PFAS est une molécule faite de carbone et de fluor
Un PFAS est une molécule faite d'une chaîne d'atomes de carbone sur laquelle sont accrochés des atomes de fluor. Les atomes sont comme de minuscules briques : en s'assemblant les uns aux autres, ils forment des molécules. Dans un PFAS, les briques de fluor recouvrent la chaîne de carbone comme une armure. C'est cette armure qui empêche par exemple l'œuf d'accrocher sur le revêtement d'une poêle en Téflon. Une poêle en titane, elle, ne porte aucun revêtement : on y saisit la viande et l'on y fait dorer les légumes directement sur du titane pur. Le titane est considéré comme le métal le plus biocompatible du monde, c'est-à-dire très bien accepté par le corps. Beaucoup de personnes en portent même dans leur hanche ou dans leur mâchoire : une poêle en titane est donc 100 % saine. Vous pouvez cuisiner dessus sans la moindre arrière-pensée quand vos petits-enfants viennent déjeuner le dimanche !
Un seul atome de carbone entièrement recouvert de fluor suffit à faire un PFAS
- Une question de composition : une molécule fait partie des PFAS à cause de sa composition, jamais à cause de son usage.
- Ce que cela donne : la même famille réunit donc le revêtement d'une poêle en Téflon, certains gaz de climatiseur et certains pesticides.
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La définition officielle : elle vient de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un organisme où de nombreux pays travaillent ensemble. Depuis 2021, l'OCDE range parmi les PFAS toute substance qui porte au moins un atome de carbone entièrement recouvert de fluor. Une proposition qui vise à interdire les PFAS en Europe reprend cette définition.
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Aucun PFAS n'est d'origine naturelle : tous sont fabriqués par l'homme
- Une origine humaine : le ministère de la Santé décrit les PFAS comme des substances « d'origine exclusivement anthropique », c'est-à-dire dues aux seules activités humaines.
- Le fluor de la nature : le fluor existe bien dans la nature, par exemple dans certaines roches. Il n'y forme pourtant jamais de PFAS.
- Ce que cela veut dire : la présence de PFAS dans l'eau, l'air ou les sols vient donc toujours d'une activité humaine, passée ou présente.
Que veut dire PFAS en français ?
PFAS est l'abréviation de l'anglais *per- and polyfluoroalkyl substances*, que l'on traduit en français par « substances per- et polyfluoroalkylées ». Dit comme ça, le nom a de quoi faire peur ! Pourtant, chacun de ses morceaux décrit tout simplement une partie de la molécule.
Chaque partie du mot PFAS décrit un morceau de la molécule
- « Fluoro » : c'est le fluor, l'atome qui recouvre la chaîne et qui repousse l'eau et le gras.
- « Alkyl » : c'est le nom que les chimistes donnent à une chaîne d'atomes de carbone, comme celles que l'on trouve dans les graisses et les huiles.
- « Substances » : ce mot au pluriel signifie qu'il ne s'agit pas d'une seule molécule, mais de toute une famille.
Un PFAS est « per » ou « poly » selon la quantité de fluor sur sa chaîne
- « Per » : dans un PFAS perfluoré, le fluor occupe toutes les places disponibles sur la chaîne de carbone.
- « Poly » : dans un PFAS polyfluoré, la chaîne porte beaucoup d'atomes de fluor. Quelques places y restent pourtant occupées par un autre atome, l'hydrogène.
- Un nom plus ancien : on appelle aussi les PFAS des « composés perfluorés », même si ce nom ne désigne en principe que les PFAS « per ».
La liaison carbone-fluor est l'une des plus solides de la chimie organique
Entre un atome de carbone et un atome de fluor se forme un lien que les chimistes appellent une liaison. Cette liaison carbone-fluor est l'une des plus solides de la chimie organique, c'est-à-dire la chimie des molécules faites de carbone. Elle ressemble à une poignée de main très difficile à desserrer. Dans la nature, la plupart des molécules finissent par se dégrader, alors que la liaison carbone-fluor ne cède presque jamais. Et c'est là que tout s'éclaire : cette poignée de main rend les PFAS aussi utiles que difficiles à faire disparaître.
Le fluor attire les électrons plus fort que tous les autres atomes
- Les électrons : ce sont des particules encore plus petites que les atomes, qui tournent autour de leur centre. Deux atomes liés partagent quelques-uns de leurs électrons : c'est cela, leur poignée de main.
- L'électronégativité : c'est la force avec laquelle un atome attire vers lui les électrons qu'il partage avec son voisin.
- Le record du fluor : le fluor est l'atome le plus électronégatif de tous. Les chimistes mesurent cette force sur l'échelle de Pauling : le fluor y obtient la note la plus haute, 3,98.
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Ce que cela donne : le fluor retient très fort les électrons qu'il partage avec le carbone. Il faut donc une énergie énorme pour séparer ces deux atomes.
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Le fluor des PFAS repousse à la fois l'eau et le gras
- L'eau perle : une goutte d'eau ne s'étale pas sur une surface traitée aux PFAS. Elle reste en boule, puis roule.
- Le gras aussi : une goutte d'huile ne s'y accroche pas davantage, ce qui est très rare. La plupart des surfaces qui repoussent l'eau se laissent en effet tacher par le gras : c'est le cas de la cire d'une bougie.
- Comme un savon : beaucoup de PFAS ont une tête attirée par l'eau et une queue fluorée qui la repousse. Ils se placent donc à la surface des liquides, ce qui explique leur succès dans les mousses anti-incendie.
Les PFAS forment une immense famille de molécules très différentes
Les PFAS forment une famille de plusieurs milliers de substances qui portent toutes la même armure de fluor. Le mot PFAS fonctionne un peu comme le mot « agrumes », qui désigne à la fois l'orange, le citron et le pamplemousse. Cette famille réunit aussi bien des molécules qui se dissolvent dans l'eau que des plastiques solides ou des gaz. C'est pourquoi tous ces PFAS ne présentent pas les mêmes risques, ni pour la nature ni pour notre santé.
Le nombre exact de PFAS dépend de la définition que l'on choisit
- 4 730 : c'est le nombre de PFAS que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait recensés en 2018.
- Au moins 10 000 : c'est le nombre de PFAS concernés par la proposition européenne d'interdiction, publiée en 2023 par l'Agence européenne des produits chimiques.
- Plus de 7 millions : c'est le nombre de molécules qui répondaient en 2023 à la définition de l'OCDE dans PubChem, une immense bibliothèque de molécules en ligne. La plupart d'entre elles ne sont pourtant ni fabriquées ni vendues.
- Le nombre à retenir : on compte aujourd'hui plus de 10 000 PFAS. De nombreux sites internet parlent encore de « 4 000 » PFAS : ce chiffre est donc largement dépassé.
Certains PFAS se dissolvent dans l'eau et passent dans notre sang
- Les plus connus : le PFOA et le PFOS sont les PFAS les mieux étudiés par les scientifiques. Ce sont des molécules qui se dissolvent dans l'eau et que l'on retrouve dans le sang.
- Le PFOA : ce sigle désigne l'acide perfluorooctanoïque, qui a longtemps servi à fabriquer le revêtement des poêles antiadhésives classiques.
- Le PFOS : ce sigle désigne le sulfonate de perfluorooctane, qui a longtemps servi à rendre des objets imperméables et à fabriquer des mousses anti-incendie.
- Ce qui inquiète : c'est parmi ces molécules que l'on trouve les PFAS les plus dangereux, comme le PFOA.
Les plastiques fluorés font eux aussi partie de la famille des PFAS
- Le plus connu : c'est le Téflon, le revêtement de la plupart des poêles antiadhésives classiques. Les chimistes appellent ce plastique fluoré le PTFE.
- De très grosses molécules : le PTFE et les autres plastiques fluorés sont des polymères, c'est-à-dire des chaînes géantes faites de milliers de petits morceaux identiques. Ce sont des plastiques solides, qui se transforment très difficilement.
- Ce qu'en dit le ministère de la Santé : ces plastiques sont réputés non toxiques. Certains peuvent pourtant se transformer en d'autres PFAS pendant leur fabrication, pendant leur utilisation ou une fois jetés.
- Un PFAS à part entière : la proposition européenne d'interdiction des PFAS inclut aussi le PTFE et les autres plastiques fluorés.
Les PFAS de remplacement se sont révélés tout aussi éternels que les anciens
- Chaînes longues, chaînes courtes : on parle de PFAS « à chaîne longue » quand leur chaîne compte beaucoup d'atomes de carbone, comme celle du PFOA et du PFOS. Les PFAS « à chaîne courte » en comptent moins : ils ne se dégradent pas davantage dans la nature et se laissent même emporter très facilement par l'eau.
- Le remplacement : quand les industriels ont abandonné le PFOA, ils l'ont souvent remplacé par d'autres PFAS, comme le GenX.
- Un remplacement regrettable : présenté comme plus sûr, le GenX s'est révélé tout aussi préoccupant. L'Agence européenne des produits chimiques l'a classé dès 2019 parmi les « substances extrêmement préoccupantes ».
- Ce qui en découle : pour éviter ces remplacements d'un PFAS par un autre, l'Europe veut désormais limiter toute la famille d'un seul coup, plutôt qu'une molécule après l'autre.
À quoi servent les PFAS ?
Les PFAS servent à rendre les objets antiadhésifs, imperméables, antitaches ou résistants à la chaleur, grâce à leur armure de fluor. En 2020, on recensait déjà plus de 200 catégories et sous-catégories d'usages pour plus de 1 400 PFAS ! Des poêles antiadhésives classiques aux vestes de pluie, la liste des produits qui contiennent des PFAS est immense.
Les PFAS rendent les objets antiadhésifs, imperméables et antitaches
- Antiadhésifs : un PFAS recouvre la surface de cuisson d'une poêle antiadhésive classique pour que les aliments n'y accrochent pas.
- Imperméables : la pluie perle sur une veste de randonnée traitée aux PFAS au lieu de traverser le tissu.
- Antitaches : une sauce renversée sur un tapis traité aux PFAS reste en surface, si bien qu'elle s'essuie sans laisser de tache. Le gras ne traverse pas non plus le carton d'une boîte à pizza qui en contient.
Les PFAS résistent à la chaleur, au feu et aux produits chimiques
- Contre le feu : les mousses anti-incendie qui contiennent des PFAS éteignent les feux de carburant en recouvrant le liquide qui brûle d'une mince couche.
- Dans l'électronique et la médecine : certains PFAS servent à fabriquer des puces électroniques, des batteries ou du matériel médical, parce qu'ils supportent la chaleur et les produits chimiques.
L'histoire des PFAS commence par un accident de laboratoire en 1938
Le premier PFAS célèbre est né par hasard dans un laboratoire américain, juste avant la Seconde Guerre mondiale. Personne ne pouvait alors imaginer que les PFAS finiraient un jour dans les rivières, dans les nappes d'eau souterraines et même dans notre sang. Leur histoire est à la fois celle d'une découverte extraordinaire et celle d'un scandale sanitaire.
En 1938, un chimiste de DuPont découvre le PTFE tout à fait par hasard
Le 6 avril 1938, le chimiste américain Roy Plunkett ouvre le robinet d'une bouteille de gaz dans un laboratoire de la société DuPont. Rien n'en sort, alors que la bouteille pèse toujours aussi lourd ! À l'intérieur, Roy Plunkett et son assistant Jack Rebok découvrent une poudre blanche et cireuse : le gaz s'est transformé tout seul en un nouveau plastique, le PTFE.
- Un premier usage secret : pendant la guerre, le PTFE sert au projet Manhattan, qui met au point la première bombe atomique. Ce plastique résiste en effet aux produits à base de fluor très agressifs qu'utilisent les chercheurs.
- Un nom de marque : DuPont dépose la marque Téflon en 1945 et vend ses premiers produits en Téflon en 1946.
Dès les années 1950, on trouve des PFAS dans nos placards et nos cuisines
- Chez 3M : dès le début des années 1950, l'industriel américain 3M fabrique et vend de l'acide perfluorooctanoïque (PFOA). DuPont lui en achète pour fabriquer son Téflon.
- Le premier antitache : en 1956, 3M lance le Scotchgard, le premier traitement antitache pour la laine. Les chimistes Patsy Sherman et Sam Smith l'ont mis au point après qu'un produit de leur laboratoire a été renversé par accident.
- La poêle antiadhésive : au milieu des années 1950, l'ingénieur français Marc Grégoire trouve le moyen de fixer le PTFE sur de l'aluminium. C'est sa femme Colette qui l'a poussé à mettre au point ce procédé. Il crée la société Tefal en 1956.
Au début des années 2000, un procès révèle la pollution d'une vallée américaine
DuPont possédait une usine dans la ville américaine de Parkersburg, en Virginie-Occidentale. Des années 1950 au début des années 2000, cette usine a rejeté de l'acide perfluorooctanoïque (PFOA) dans l'air et dans la rivière Ohio. En 1998, l'éleveur Wilbur Earl Tennant voit mourir ses vaches près de l'usine : il demande de l'aide à l'avocat Robert Bilott.
- Le procès : en 2001, Robert Bilott lance une action en justice au nom de près de 70 000 habitants dont l'eau est contaminée.
- L'étude : en 2004, un accord entre DuPont et les habitants oblige l'entreprise à financer une grande étude de santé. De 2005 à 2013, trois scientifiques indépendants étudient la santé des habitants à partir des prises de sang d'environ 69 000 personnes.
- Le résultat : ces scientifiques concluent à un « lien probable » entre le PFOA et six maladies. Dans l'accord de 2004, ce terme veut dire qu'un lien est plus probable qu'improbable.
- Le film : en 2019, cette histoire a inspiré le film *Dark Waters*, dans lequel Mark Ruffalo joue le rôle de Robert Bilott.
- La suite : depuis qu'un premier PFAS a été limité dans le monde entier en 2009, la liste des PFAS interdits ne cesse de s'allonger, en Europe comme en France.
Pourquoi les PFAS sont-ils appelés « polluants éternels » ?
Les PFAS sont appelés « polluants éternels » parce qu'ils ne se dégradent presque jamais dans la nature. C'est la force de la liaison carbone-fluor qui les rend si persistants, c'est-à-dire capables de rester très longtemps dans la nature. Une fois rejetés dans l'environnement, ils s'accumulent donc année après année au lieu de disparaître.
Le surnom vient de l'anglais *forever chemicals*, c'est-à-dire « produits chimiques éternels ». Cette expression a été popularisée en 2018 par Joseph G. Allen, un chercheur de l'université américaine Harvard qui étudie le lien entre l'environnement et la santé.
Une fois rejetés dans l'environnement, les PFAS s'accumulent année après année au lieu de disparaître.
Dans la nature, presque rien ne parvient à casser la liaison carbone-fluor
- Ni la lumière, ni l'eau, ni les bactéries : dans la nature, les bactéries décomposent d'habitude les déchets. Elles ne parviennent pourtant presque jamais à rompre la liaison carbone-fluor. La lumière du soleil et l'eau ne la cassent pas davantage.
- Un PFAS donne un autre PFAS : quand un PFAS finit par se transformer, il donne le plus souvent un autre PFAS, qui ne se dégrade presque plus.
- Une destruction très difficile : seules des installations industrielles spécialisées parviennent à détruire les PFAS, en les chauffant à très haute température.
Notre corps met des années à éliminer la moitié de certains PFAS
- La demi-vie : c'est le temps qu'il faut au corps pour éliminer la moitié d'une substance, et non sa totalité.
- Le PFOA : il faut de 2,3 à 8,5 ans pour que sa quantité dans le sang diminue de moitié.
- Le PFOS : il faut de 3,1 à 7,4 ans pour que sa quantité dans le sang diminue de moitié.
- Le PFHxS, un proche cousin du PFOS : il faut environ 4,7 à 8,5 ans pour en éliminer la moitié.
- Les PFAS à chaîne courte : même s'ils restent tout aussi persistants dans la nature, notre corps les élimine beaucoup plus vite, en quelques jours à un mois environ.
Le saviez-vous
Si une grille de mots fléchés vous demande des « polluants éternels » en quatre lettres, la réponse est PFAS !
Quelle est la contamination causée par les PFAS ?
Les PFAS contaminent aujourd'hui l'eau, l'air, les sols, la chaîne alimentaire, de la plante jusqu'à notre assiette, et même le sang des êtres humains. Certains d'entre eux sont transportés par l'eau et par l'air sur de très longues distances, au point d'atteindre les océans.
En 2023, plus de 17 000 sites contaminés ont été recensés en Europe. En France, les plus fortes pollutions se trouvent autour de certains sites industriels.
De nombreuses activités humaines rejettent des PFAS dans la nature
- Les usines : les sites qui fabriquent ou utilisent des PFAS en rejettent dans l'air et dans l'eau.
- Les mousses anti-incendie : les pompiers s'en servent sur les aéroports et les terrains militaires, mais aussi pour s'entraîner. Les PFAS de ces mousses s'infiltrent alors dans les sols, puis dans les nappes d'eau souterraines.
- Les objets du quotidien : une partie des PFAS d'un vêtement, d'un cosmétique ou d'un produit d'entretien peut passer dans l'eau du lavage ou de la douche, puis dans les eaux usées. Quand ces objets sont jetés ou brûlés, d'autres PFAS peuvent aussi passer dans l'environnement.
- Les pesticides : certains pesticides sont eux-mêmes des PFAS. Pulvérisés sur les cultures, ils finissent dans les sols et les cours d'eau.
Les PFAS s'accumulent le long de la chaîne alimentaire, jusqu'à notre assiette
- La bioaccumulation : certains PFAS s'accumulent dans les plantes et dans les animaux. Ils passent ensuite de la plante à l'animal qui la mange, puis à celui qui mange cet animal.
- Ce que cela donne : une poule qui picore une terre contaminée pond des œufs qui contiennent des PFAS. De la même façon, un poisson qui vit dans une rivière polluée en accumule dans sa chair.
- Les recommandations locales : au sud de Lyon, les autorités déconseillent ainsi de manger les œufs des poulaillers de particuliers dans plusieurs communes proches d'usines qui fabriquent des PFAS.
Les PFAS entrent surtout dans notre corps par l'alimentation et l'eau
- Les aliments : ceux qui contiennent le plus de PFAS sont les poissons, les fruits de mer, les viandes et les œufs.
- L'eau du robinet : depuis le 1er janvier 2026, l'eau du robinet est contrôlée pour vingt PFAS. Leur somme ne doit pas dépasser une quantité minuscule : 0,1 microgramme par litre, c'est-à-dire un dix-millionième de gramme dans un litre d'eau.
- Les emballages et les ustensiles : dans une moindre mesure, des PFAS peuvent aussi passer dans les aliments depuis certains emballages ou certains ustensiles de cuisson.
- Les poêles : la plupart des poêles antiadhésives classiques ont un revêtement en Téflon, c'est-à-dire en PTFE. En revanche, les poêles en inox, en fonte naturelle ou en titane pur ne contiennent aucun PFAS. Quant au revêtement d'une poêle en céramique, il est fabriqué sans aucun polluant éternel ajouté. Une poêle en titane pur est 100 % saine, puisqu'aucune substance toxique ne passe de ce métal à vos aliments.
- L'air de la maison : l'air intérieur et les poussières de la maison apportent moins de PFAS que l'alimentation et l'eau.
Le PFOA et le PFOS se retrouvent dans le sang des Français
- L'étude Esteban : entre 2014 et 2016, Santé publique France, l'agence de l'État chargée de la santé des Français, a recherché 17 PFAS dans le sang de 744 adultes et de 249 enfants. Le PFOA et le PFOS ont été retrouvés chez 100 % d'entre eux.
- Ce qui fait monter les taux : dans l'étude Esteban, les quantités de PFAS dans le sang augmentaient avec l'âge et avec la consommation de poissons et de produits de la mer.
- Ce que l'on sait de leurs effets : parmi les effets des PFAS sur le corps humain, trois sont aujourd'hui considérés comme suffisamment prouvés : une hausse du cholestérol, une moins bonne réponse à certains vaccins et une légère baisse du poids des bébés à la naissance. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer a aussi classé le PFOA « cancérogène pour l'homme », c'est-à-dire capable de provoquer un cancer chez l'être humain.
Vos questions sur les PFAS
Comment prononce-t-on PFAS ?
PFAS se prononce le plus souvent « pifasse ». Le mot vient de l'anglais *per- and polyfluoroalkyl substances*, ce qui explique cette prononciation à l'anglaise.
Le TFA est-il un PFAS ?
Oui, le TFA est un PFAS : c'est même l'un des plus petits de toute la famille, avec seulement deux atomes de carbone. Son nom complet est l'acide trifluoroacétique. Il se forme notamment quand certains pesticides et certains gaz qui servent à produire du froid se dégradent.
Le fluor du dentifrice est-il un PFAS ?
Non, le fluor du dentifrice ne fait pas partie des PFAS. Dans un dentifrice, le fluor n'est accroché à aucun atome de carbone, alors qu'un PFAS porte au moins un atome de carbone entièrement recouvert de fluor. Le fluor du dentifrice sert simplement à renforcer l'émail des dents.
Le mot de la fin
Un PFAS est donc une molécule si utile que l'industrie en a mis partout et si solide qu'on la retrouve aujourd'hui jusque dans notre sang. Vous ne pouvez pas tout contrôler, bien sûr. Mais chaque jour, c'est vous qui choisissez vos aliments, leurs emballages et la poêle dans laquelle vous les cuisinez pour toute la famille.
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