Comment tester son taux de PFAS ?
Publié le 2 novembre 2026 · Par Y. Amazir
Pour tester son taux de PFAS, il faut tout simplement une prise de sang analysée par un laboratoire spécialisé. Dans votre sang, le laboratoire recherche par exemple 7 ou 30 de ces substances surnommées « polluants éternels », alors qu'il en existe plusieurs milliers. Seulement voilà : en France, les autorités de santé ne recommandent pas ce test à ce stade, en dehors de la recherche scientifique.
L'essentiel
- Pour connaître son taux de PFAS, il faut une prise de sang analysée par un laboratoire spécialisé.
- En France, les autorités de santé ne recommandent pas ce test à ce stade, en dehors de la recherche : on ne peut s'en servir ni pour diagnostiquer une maladie ni pour prédire les effets sur votre santé.
- En octobre 2026, un laboratoire français spécialisé affichait 85 € ou 139 € selon le nombre de PFAS recherchés. Il classe cette analyse parmi celles que l'Assurance maladie ne rembourse pas.
- Que l'on fasse ce test ou non, le ministère de la Santé met l'accent sur la prévention : recevoir moins de PFAS, qui entrent dans le corps surtout par l'alimentation et l'eau.
Comment se faire tester pour les PFAS ?
Pour vous faire tester, il faut une prise de sang et une analyse particulière, réalisée par des laboratoires spécialisés. Cette démarche reste possible, même si le ministère de la Santé ne la recommande pas en dehors de la recherche scientifique.
Un PFAS est une substance chimique que l'industrie fabrique avec du carbone et du fluor. Elle se dégrade si peu dans la nature qu'on la surnomme « polluant éternel ».
Votre taux de PFAS désigne la quantité de certaines de ces substances mesurée dans votre sang le jour du prélèvement. Imaginez une casserole percée d'un trou minuscule, posée sous un robinet qui goutte. Le robinet représente ce que vous recevez chaque jour et le trou, ce que votre corps élimine très lentement. Le test relève seulement le niveau de l'eau à un instant précis.
Le test passe par un laboratoire spécialisé ou par un kit à renvoyer
- L'ordonnance : un laboratoire français spécialisé propose son analyse « avec ou sans prescription médicale ». Des laboratoires font ces tests à la demande, malgré l'absence de recommandation.
- Le prélèvement : ce laboratoire demande 4 millilitres de sérum, la partie liquide du sang : il faut donc prélever davantage de sang. Il annonce un résultat en 3 semaines.
- Les PFAS recherchés : ce laboratoire analyse 7 ou 30 PFAS selon la demande, alors qu'il en existe plusieurs milliers. Comme une telle analyse ne détecte que les substances recherchées, un résultat bas ne dit rien des autres PFAS.
- Où le faire : aucune liste officielle ne recense les laboratoires qui font ce test. Seul votre laboratoire d'analyses peut vous dire s'il réalise cette recherche ou s'il l'envoie à un laboratoire spécialisé.
- Les kits vendus sur internet : vous prélevez un peu de sang sur le haut du bras avec un petit appareil, puis vous renvoyez l'échantillon à un laboratoire. L'un de ces vendeurs précise que son test n'identifie pas l'origine des PFAS et ne prédit pas si vous développerez une maladie.
- L'avis des scientifiques : les Académies américaines des sciences appellent à la prudence avec le sang capillaire, celui que l'on prélève sans piquer une veine, car ses taux peuvent différer de ceux du sérum.
Que vous fassiez ce test ou non, vous pouvez recevoir moins de PFAS
- Ce que demande le ministère de la Santé : en attendant des recommandations nationales sur ces prises de sang, il demande de mettre l'accent sur la prévention, c'est-à-dire sur tout ce qui réduit les PFAS que nous recevons.
- Votre eau du robinet : votre mairie peut vous renseigner sur sa qualité, tout comme l'agence régionale de santé, le service de l'État chargé de la santé dans votre région.
- Votre assiette : c'est notre première source de PFAS. Pour faire baisser votre taux avec le temps, mieux vaut donc apprendre à éviter les PFAS dans l'alimentation.
- Vos ustensiles de cuisson : pour cuisiner, le ministère de la Santé conseille de privilégier le verre, l'inox, la fonte ou le bois non traité. Et la poêle en titane, pour saisir vos filets de rouget ou faire fondre vos poireaux ? Sa surface de cuisson en titane pur ne porte aucun revêtement, donc aucun PFAS. Rien ne dit pour autant que ce choix fera baisser votre taux. Les ustensiles comptent peu dans les PFAS que nous recevons, comparés aux aliments et à l'eau. En revanche, le titane est considéré comme le métal le plus biocompatible du monde. Notre corps l'accepte si facilement que les chirurgiens l'emploient pour les vis qui maintiennent les os cassés : une poêle en titane est donc 100 % saine.
- Votre poêle : pour savoir si elle contient des PFAS, regardez si sa surface de cuisson porte un revêtement antiadhésif et cherchez le mot PTFE, l'autre nom du Téflon, sur sa notice.
En France, les autorités de santé ne recommandent pas ce test aux particuliers
Ce test, que les médecins appellent un dosage, existe et il est en vente. Pourtant, le ministère de la Santé ne le recommande pas en dehors de la recherche scientifique, sans aller jusqu'à l'interdire. Pourquoi une telle prudence ? Même quand une machine très sensible a mesuré ce taux, un médecin ne peut pas aujourd'hui en déduire les effets sur votre santé ni le suivi à vous proposer.
Hors recherche, le ministère de la Santé ne recommande pas ces dosages
- Sa position : « à ce stade, en dehors d'un cadre de recherche scientifique, il n'est pas recommandé de pratiquer des dosages individuels de PFAS dans le sang », écrit le ministère.
- Aucune limite à ne pas dépasser : il n'existe pas de chiffres de référence solides pour la plupart des PFAS. Dans le sang, la réglementation ne fixe aucune limite pour ces substances, contrairement au plomb.
- Un risque difficile à prédire pour une personne : le lien entre la quantité de PFAS et ses effets s'observe surtout sur des populations entières. À partir du taux mesuré, on ne peut ni diagnostiquer une maladie ni prédire les effets sur la santé d'une personne.
- Aucun suivi particulier : aujourd'hui, aucun suivi médical précis ne dépend de ce résultat. Ce résultat peut en plus inquiéter le patient sans que cette inquiétude soit forcément justifiée.
- Le message aux médecins : en avril 2026, le ministère a publié une fiche pour les soignants que leurs patients interrogent sur les PFAS. Elle leur propose de répondre : « Il n'existe pas aujourd'hui de test permettant d'évaluer individuellement les risques sanitaires liés aux PFAS, ni de traitement pour les éliminer. »
- Si la question vous préoccupe : votre médecin reste la bonne personne à interroger, puisque cette fiche a été écrite pour l'aider à vous répondre.
Les agences régionales de santé ne recommandent pas ce test, même en zone polluée
- En Auvergne-Rhône-Alpes : l'agence régionale de santé écrit que ces dosages « ne sont pas recommandés car ils ne permettent pas de renseigner sur la source ni la période d'exposition ». Autrement dit, ils ne disent ni d'où viennent ces PFAS ni à quel moment vous les avez reçus.
- Dans le Grand Est : l'agence répond la même chose aux habitants de communes où il a été interdit de boire l'eau du robinet, dans les Ardennes ou dans les Vosges. Aucune méthode de référence n'est en effet reconnue en Europe pour cette mesure.
- Une position qui peut évoluer : le ministère de la Santé écrit « à ce stade ». La Haute Autorité de santé, qui rédige des recommandations pour les soignants, a été interrogée sur l'intérêt d'un suivi médical pour les personnes qui reçoivent le plus de PFAS.
À l'étranger, les experts restent divisés sur l'intérêt de ce test
- Le centre fédéral belge d'expertise des soins de santé : en 2025, il n'a pas recommandé ces prises de sang à l'échelle d'une personne. Pour lui, le bénéfice concret reste très peu probable, alors que le test coûte de l'argent et peut créer de l'anxiété.
- Les femmes enceintes et les travailleurs au contact des PFAS : en juillet 2026, ce centre a tiré la même conclusion pour ces personnes. Pendant une grossesse, le suivi habituel par le généraliste, le gynécologue ou la sage-femme reste valable.
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Les Académies américaines des sciences : en 2022, elles ont conseillé aux médecins de proposer ce test aux patients qui ont probablement reçu beaucoup de PFAS. La décision se prend alors à deux, entre le patient et son médecin.
En savoir plus
- L'absence d'accord : la Wallonie, une région de Belgique, a recommandé un suivi médical renforcé. Tous les experts ne sont toutefois pas d'accord avec ces recommandations. Aux États-Unis, l'agence fédérale chargée des substances toxiques ne recommande pas de dépistage à partir du taux de PFAS dans le sang.
Quel est le prix d'un test sanguin PFAS ?
Un laboratoire français spécialisé affiche 85 € pour une recherche de 7 PFAS et 139 € pour une recherche de 30 PFAS. Ce sont les tarifs relevés en octobre 2026 : ils peuvent varier d'un laboratoire à l'autre. Et la Sécurité sociale, dans tout cela ? Ce laboratoire classe son analyse « hors nomenclature », ce qui veut dire que l'Assurance maladie ne la rembourse pas : la facture reste pour vous, sauf si votre mutuelle prend le relais.
Le prix dépend du nombre de PFAS que le laboratoire recherche dans le sang
- La recherche de 7 PFAS : à 85 €, elle porte sur les substances les plus souvent retrouvées chez l'être humain, celles pour lesquelles il existe des repères publiés.
- La recherche de 30 PFAS : à 139 €, elle ajoute des substances moins souvent retrouvées. Ce laboratoire la destine surtout aux études scientifiques et à la médecine du travail.
- Un kit à la maison : un site affiche 199 € pour un kit et une recherche de 27 PFAS.
L'Assurance maladie ne rembourse pas les analyses dites hors nomenclature
- La mention sur le tarif : « HN » signifie hors nomenclature. La nomenclature est la liste des analyses de laboratoire que l'Assurance maladie peut rembourser.
- Ce que cela change pour vous : l'Assurance maladie ne rembourse aucune partie d'une telle analyse. Vous réglez donc toute la somme, même avec une ordonnance.
- Votre mutuelle : certains contrats prévoient un forfait annuel pour ces analyses non remboursées. Regardez les garanties de votre contrat avant tout prélèvement.
Comment savoir si on est contaminé aux PFAS ?
Votre corps contient très probablement des PFAS, puisqu'on en trouve dans l'organisme de la majorité d'entre nous. Seule une prise de sang pourrait le confirmer. Or les autorités de santé françaises ne la recommandent pas. Attention aux mots : être contaminé ne veut pas dire être malade ! Cette prise de sang ne donne d'ailleurs pas un diagnostic médical. La question la plus utile devient alors celle-ci : recevez-vous plus de PFAS que la moyenne ? Les scientifiques appellent exposition ce que vous recevez ainsi.
Dans l'étude Esteban, le PFOA et le PFOS ont été retrouvés chez 100 % des participants
- L'étude Esteban : entre 2014 et 2016, Santé publique France, l'agence de l'État qui surveille la santé des Français, a analysé le sang de 249 enfants et de 744 adultes. Elle y a cherché 17 PFAS.
- Deux PFAS chez tous : le PFOA et le PFOS, deux des PFAS les plus étudiés, ont été retrouvés chez chacun de ces 993 participants. Ce résultat vaut pour ces personnes et pour ces deux substances.
- Les niveaux moyens : chez les adultes, la moyenne était d'environ 2 nanogrammes de PFOA et de 4 nanogrammes de PFOS par millilitre de sérum, la partie liquide du sang. Un nanogramme, c'est un milliardième de gramme.
Un trouble de santé ne suffit pas à prouver une contamination aux PFAS
- Des réactions sans signe visible : parmi les effets des PFAS étudiés par les scientifiques, certaines réactions du corps ne donnent aucun signe visible.
- Des troubles aux causes multiples : les troubles associés aux PFAS peuvent aussi venir de la génétique, des habitudes de vie ou d'autres polluants.
- Remonter à la cause : même en connaissant les effets des PFAS sur le corps humain, on ne peut pas remonter d'un trouble de santé à sa cause. Un taux de cholestérol élevé, par exemple, est fréquent dans la population et ne prouve pas une contamination.
Votre métier, votre lieu de vie et votre eau renseignent sur votre exposition
- Votre métier : les pompiers et les personnes qui travaillent avec des produits à base de fluor ont pu recevoir beaucoup de PFAS.
- Votre lieu de vie : les habitants proches d'usines de ces produits, d'aéroports, de bases militaires, de stations d'épuration ou de décharges ont pu en recevoir beaucoup eux aussi. Si vous habitez près de l'un de ces sites, votre mairie peut déjà vous renseigner sur l'eau de votre commune, sans aucune prise de sang.
- Les œufs de poulailler et l'eau de puits : au sud de Lyon, les autorités déconseillent par exemple les œufs de certains poulaillers de particuliers et l'eau de certains puits privés.
Le résultat mesure les PFAS de votre sang sans prédire les effets sur votre santé
Le résultat donne la quantité de certains PFAS dans votre sang, sans dire ce qu'elle signifie pour votre santé. C'est un peu comme goûter une cuillère de soupe : vous savez qu'elle est salée sans savoir qui l'a salée ni à quel moment.
Ce chiffre s'écrit en nanogrammes par millilitre, notés ng/mL. Un nanogramme, c'est un milliardième de gramme. Faute de valeur officielle en France, les laboratoires le comparent à des repères fixés ailleurs. Or les experts ne s'accordent pas sur de tels seuils.
| Qui a établi le repère | Pour quels PFAS | Le chiffre | Ce qu'il veut dire |
|---|---|---|---|
| Commission allemande chargée de surveiller les polluants dans le corps : seuil de précaution, dit HBM-I | PFOA ; PFOS | 2 ng/mL ; 5 ng/mL | En dessous, aucun effet indésirable n'est attendu. Au-dessus, il faut vérifier l'exposition. |
| La même commission : seuil d'alerte, dit HBM-II | PFOA ; PFOS | 10 ng/mL ; 20 ng/mL (5 et 10 ng/mL pour les femmes en âge d'avoir un enfant) | Au-dessus, un risque accru est possible et il faut réduire l'exposition. |
| Académies américaines des sciences, 2022 | Somme de 7 PFAS | 2 ng/mL ; 20 ng/mL | Moins de 2 : niveau faible. De 2 à moins de 20 : réduire l'exposition et faire certains dépistages. À partir de 20 : suivi médical renforcé. |
| Autorité européenne de sécurité des aliments, 2020 | Somme de 4 PFAS | 6,9 ng/mL | Le niveau calculé chez une mère de 35 ans qui reçoit la dose de PFAS jugée tolérable par cette autorité. |
Les laboratoires comparent votre taux de PFAS à des repères fixés hors de France
- L'unité : un taux de 2 ng/mL, c'est comme une cuillère à café de sel dissoute dans une piscine olympique ! Cette quantité minuscule correspond pourtant au seuil de précaution allemand pour le PFOA.
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Un repère souvent atteint : de 2014 à 2016, 55,8 % des adultes de l'étude Esteban atteignaient ce seuil de 2 ng/mL pour le PFOA. Pour le PFOS, 40,3 % atteignaient celui de 5 ng/mL. Au-dessus de ce seuil, on ne peut plus exclure avec assez de certitude un effet sur la santé. Cela ne veut pas dire que ces adultes sont malades, car on ne peut pas chiffrer le risque d'une personne à partir de ces valeurs.
En savoir plus
Aucun seuil français ne traduit un taux de PFAS en risque pour la santé
- En Auvergne-Rhône-Alpes : l'agence régionale de santé écrit qu'aucun seuil ne permet de « définir un risque sanitaire pour la personne » à partir de son imprégnation, c'est-à-dire de la quantité de polluant mesurée dans son corps.
- Le cancer : les repères allemands reposent sur la baisse des anticorps, les défenses que le corps fabrique après certains vaccins. Comme le cancer ne faisait pas partie de leur évaluation, votre chiffre ne vous apprendra rien sur le lien entre les PFAS et le cancer.
Votre taux de PFAS ne dit pas d'où ils viennent ni depuis quand
- L'origine : la mesure réunit tout ce que vous avez reçu par l'air, l'eau, l'alimentation ou le travail, sans distinguer ces sources.
- La période : votre corps met plusieurs années à éliminer la moitié du PFOA ou du PFOS qu'il contient. Un taux bas n'exclut donc pas une exposition ancienne.
Après un taux élevé, les conseils visent d'abord à recevoir moins de PFAS
- En France : aucune recommandation française ou européenne ne dit quel suivi médical proposer selon le taux mesuré. En attendant, le ministère de la Santé demande aux soignants de mettre l'accent sur la réduction de l'exposition et de décider de la suite avec le patient.
- En Allemagne : en cas de dépassement d'un repère, l'agence de l'environnement conseille de refaire une mesure. Si le taux reste élevé, il faut chercher d'où viennent ces PFAS et en recevoir moins.
- Aux États-Unis : à partir de 2 ng/mL, les Académies américaines des sciences demandent aux médecins d'inciter leurs patients à recevoir moins de PFAS quand une source est repérée, surtout pendant une grossesse. À partir de 20 ng/mL, elles ajoutent des examens médicaux.
Les campagnes de prises de sang décrivent une population entière et non une personne
Les grandes campagnes de prises de sang mesurent les PFAS d'un groupe entier, ce que les agences de santé appellent la biosurveillance. Imaginez une photo de classe : elle montre à quoi ressemble le groupe, sans rien dire de la santé de chacun. Ces campagnes servent à comprendre comment une population reçoit ces substances.
Santé publique France suit les PFAS dans le sang de la population française
- L'étude Esteban : de 2014 à 2016, elle a donné les premières estimations pour la population française.
- L'enquête Albane : elle doit actualiser ces estimations, avec de premiers résultats attendus en 2027 ou en 2028.
Au sud de Lyon, deux études mesurent les PFAS dans le sang des habitants
- L'étude PERFAO : la Métropole de Lyon et un institut spécialisé dans les pollutions mènent cette étude auprès de 300 personnes, avec le soutien financier de l'agence régionale de santé. Les premiers résultats sont attendus début 2027.
- L'étude Impact : lancée à l'automne 2025 par 40 villes, groupements de communes et syndicats chargés de l'eau, elle visait 500 adultes tirés au sort dans 150 communes du Rhône, de l'Isère et de l'Ardèche. Chaque volontaire qui le demandait devait recevoir son résultat personnel. Ces villes et ces syndicats annonçaient leurs résultats collectifs pour le début de 2026.
À Rumilly, les autorités analysent l'eau et les œufs plutôt que le sang
- Les mesures : à Rumilly, en Haute-Savoie, où l'eau potable a été polluée, les services de l'État surveillent l'eau et les œufs. L'agence régionale de santé y déconseille les œufs des poulaillers de particuliers dans huit communes.
- Cinq prises de sang : en 2023, lors d'une enquête de presse, le sang de cinq femmes volontaires a été analysé avec l'appui d'une association locale. Ce n'est pas une étude sur la santé d'une population, puisque cinq personnes ne représentent pas toute une commune.
Les campagnes de prises de sang ne répondent pas aux questions de chaque participant
- Leur but : « L'objectif est d'être représentatif de la population exposée et non de répondre au niveau individuel », écrit Santé publique France.
- Leurs limites : avec ces campagnes, on ne peut ni prouver qu'un polluant cause une maladie ni dire quel risque correspond à un taux donné.
- Dans les autres zones polluées : interrogé en 2026 sur les Ardennes et sur le Gard, le ministère de la Santé a répondu que ces études se décident selon leur utilité et la possibilité de les mener. Analyser l'air, l'eau et les sols puis évaluer les risques suffit souvent pour agir.
Vos questions sur le test du taux de PFAS
Comment analyser les PFAS ?
Les laboratoires utilisent le plus souvent une technique appelée chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse. Elle sépare d'abord les substances de l'échantillon, puis elle identifie et mesure chaque PFAS.
Une analyse de sang habituelle recherche-t-elle les PFAS ?
Non, cette recherche ne se fait que si on la demande, car il s'agit d'une analyse ciblée sur ces substances. Une prise de sang pour le cholestérol, par exemple, ne vous apprendra rien sur votre taux de PFAS.
Le test recherche-t-il le TFA, ce petit PFAS très présent dans l'eau ?
Pas forcément, alors que le TFA a été retrouvé dans 92 % des échantillons d'eau analysés lors d'une campagne nationale. Il ne figure ni parmi les 7 PFAS recherchés par un laboratoire français spécialisé ni dans l'analyse d'un kit vendu sur internet. Si vous faites ce test, regardez donc la liste des substances recherchées avant le prélèvement.
Peut-on participer à une étude sur les PFAS dans le sang ?
Le plus souvent, non : ce sont les équipes de recherche qui choisissent les participants, pour que le groupe ressemble à la population visée. Elles invitent les personnes qui ont pu recevoir des PFAS à cause d'une pollution près de chez elles. Les grandes enquêtes nationales ne répondent pas non plus aux particuliers qui veulent connaître leur taux.
Le mot de la fin
Vouloir connaître son taux de PFAS, c'est une envie très humaine, surtout quand on pense à la santé de ses enfants. Une prise de sang peut vous donner un chiffre. Ce chiffre ne vous apprendra pourtant ni d'où viennent ces substances ni quels effets elles pourraient avoir sur votre santé. Si ce sujet vous inquiète, parlez-en à votre médecin. Pendant que la science avance, ce que vous pouvez changer se joue chaque jour dans votre cuisine, entre le verre d'eau et le plat que vous posez sur la table.
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